Passer au contenu principal
< Retour

Les projets urbains en faveur du développement durable négligent les conséquences de la pollution sonore


Alors que le Conseil National du Bruit et l’ADEME publiaient en octobre 2021 leur rapport annuel évaluant à 155 milliards d’euros par an le coût social du bruit, il apparaît plus que jamais nécessaire de prendre en compte le bruit dans l’environnement de manière décloisonnée. Deuxième facteur environnemental de comorbidité après la pollution atmosphérique, les nuisances sonores sont malheureusement insuffisamment intégrées dans les projets urbains de redéfinition de nos villes vers plus de durabilité. Encore aujourd’hui, il faut bien souvent attendre que les nuisances soient constatées pour que la question du bruit soit intégrée dans nos planifications urbaines. Pourtant, des outils existent pour anticiper les nuisances et intégrer les solutions dans nos urbanismes.

La construction des villes durables ne peut se passer d’une réelle réflexion autour de la maîtrise des ambiances sonores dans nos futurs urbanismes. Puisque les nuisances liées aux transports sont responsables des deux tiers du coût social du bruit, nous serions tentés de croire que le développement des mobilités douces, des véhicules électriques et la réduction des voies de transports baisseraient efficacement ce coût social. Néanmoins, les sources de bruits sont multiples et la réduction des bruits des transports n’est pas une solution miracle aux nuisances. En effet, si la réduction des niveaux sonores des transports est a priori louable pour le confort des habitants d’un urbanisme, les voies de transports remplissent également une fonction masquante du bruit des activités humaines. Dès lors que le bruit des transports disparaît, le bruit des activités humaines risque d’émerger et créer des situations de tensions acoustiques pour les occupants d’un quartier. C’est la raison pour laquelle il est fondamental que l’équilibre des paysages sonores soit pris en compte dans la redéfinition de nos urbanismes. Sans questionnement ni solution pour l’affectation du bâti et les conséquences de la mixité des usages de certains lieux, les nuisances de voisinage risquent d’augmenter drastiquement. Or, à l’heure où l’on souhaite limiter voire arrêter l’artificialisation des sols et à mesure que nous nous orientons vers une densification du bâti, ces nuisances sonores réduisent le confort des citoyens au risque de mettre en péril l’acceptabilité de telles politiques urbaines et le vivre ensemble.

Dans de nombreux projets publics urbains le bruit est perçu comme une préoccupation secondaire. Pourtant 86% des Français déclarent être gênés par le bruit à leur domicile selon un sondage de l’IFOP de 2014. Par conséquent, il faut souvent attendre que les nuisances soient constatées et produisent leurs effets pour que des solutions soient mises en œuvre. Or, comme ces solutions interviennent après la réalisation des quartiers ou bâtiments, elles sont souvent très coûteuses en ressources (tant financières que matérielles) et visuellement engageantes alors qu’elles auraient pu être évitées. Lorsque les projets urbains adoptent une approche transversale, il est possible de créer des urbanismes avec des ambiances sonores équilibrées avec l’aide de solutions acoustiques intégrées et plus économes en ressources. Par ailleurs, outre la densification de l’urbanisme, certaines solutions d’économies d’énergie comme la ventilation naturelle augmentent les risques de nuisance. C’est pourquoi, si les paysages sonores ne sont pas équilibrés, ces solutions seront dysfonctionnelles à l’usage, soit parce que les occupants pâtiront des nuisances, soit parce qu’ils n’auront pas recours à ces solutions.

Néanmoins, la recherche d’un paysage sonore équilibré en l’état futur d’achèvement est délicate. En effet, il faut être en capacité de prévoir les niveaux de bruits émis par les différentes sources : condition indispensable pour une recherche efficiente de l’équilibre et ainsi prévoir le dimensionnement de protections contre les nuisances en fonction des besoins. Or, les activités humaines sont souvent complexes à prévoir car leurs niveaux d’émissions sonores varient en fonction des horaires et de leurs natures. C’est pourquoi Planète Acoustique a développé le BIM acoustique environnemental – BIMAE®. Basée sur une modélisation 4D cet outil permet de simuler les ambiances sonores heure par heure d’un paysage en l’état futur d’achèvement en prenant en compte le bruit des transports et celui des activités humaines. La visualisation 3D de la propagation sonore en pied, en façade et autour d’un bâtiment, via un système de maillage est également adaptable à l’échelle des projets des quartiers jusqu’aux détails de façades (modénatures, loggias, balcons, etc.). Ainsi, nous garantissons une étude conjointe des usages et fonctions internes et externes des projets, indispensables aux fonctionnements tout en tenant compte des contraintes aérauliques, structurelles, thermiques, etc. Seule la précision de la visualisation en 3D de notre modèle permet aux concepteurs de répondre aux contraintes. Bien plus qu’un outil, le BIMAE est aussi une méthode qui assure un socle de travail conjoint avec les architectes, urbanistes et donneurs d’ordres pour vérifier les différentes hypothèses et faciliter les arbitrages.

fr_FRFrançais